lundi 13 avril 2015





Aba-Dri nous a quitté le 23 du mois dernier de l'année 2012. Rahimaho ALLAH

L'avant-gardisme du journaliste, son audace à traiter des sujets divers, sa capacité a mettre sur le devant des scènes des gens simple,  qui luttent dans l'ombre...tel était ce grand journaliste qui rivalise avec les grands : Mr. Ouchagour Idriss.

Libé: Le Festival Tifawine de Tafraout consacre une grande part de son programme artistique à l'art d'Ahwach. Dans quelle mesure cela aidera à promouvoir ce genre artistique ?

Ohanni Brahim: Je trouve que c'est une action bénéfique  en faveur de cet art qui, par ces temps, risque de sombrer dans l'oubli collectif. Tifawine a le mérite ainsi de mettre en exergue ce patrimoine, pour mieux le conserver dans les  mémoires. L'Ahwach, dans toutes ses variétés, a toujours été conçu comme un simple spectacle de divertissement, confiné dans la sphère privée des  villages. Aujourd'hui, cet art se pratique sur les scènes des manifestations publiques. Je trouve que cela a contribué à changer  la manière de l'appréhender comme un exercice collectif de défoulement, en genre artistique à part  entière. On commence ainsi à mieux découvrir ses pratiques et les vraies valeurs artistiques qu'il recèle.

Quelles sont alors les différents types de l'Ahwach Tamanart ?

D'abord, l'Ahwach Tamanart se décline en trois composantes. Le lieu où se tient le spectacle et la participation des  femmes à côté des Imhawchens (hommes en action), sont deux paramètres qui déterminent les genres. On distingue celui dit ''Rchouk'',qui veut dire littéralement la bonne ambiance.  Il s'agit, en fait, de l'Ahwach des hommes, une dizaine au maximum,   jouant de tambourins (Tallount) et un ou plusieurs tambours (Ganga). Généralement, cela se tient dans les patios (Assarag) des maisons. Où les musiciens, en position assis, forment un cercle.  Les spectateurs masculins s'attroupent autour d'Imhawchens, alors que les femmes, elles, suivent le spectacle dans la cour centrale du bâtiment, du toit de la maison. Par ailleurs, ces spectatrices ont un rôle primordial à jouer qui consiste à soutenir et stimuler les rythmes des percussions  entrecoupés de youyous et cris stridents de joie qu'elles lancent de manière   sporadique.  L'autre genre s'appelle Tamdwrt, qui veut dire “cercle” en berbère, dans le jargon d'Ahwach. En raison des formes circulaires des Imhawchens. En effet, six hommes jouant de tambourins dont un de Ganga s'assoient en rond dans la place d'Ahwach ; au moment où les femmes, elles, également formant une  grande boucle, sont debout. Enfin, on distingue l'Ahwach N'Darste. Sa particularité c’est d’être exécuté exclusivement par les hommes. Elle comporte une trentaine de personnes, dont deux raîs, ou chefs d'orchestre. Qui  guident, aux sons des battements aigus de Tallount, la dizaine de musiciens jouant de tabourins. Ils orchestrent également la cadence des  autres danseurs qui font office en même temps de chorale. Outre des Imdiazens, poètes berbères émérites qui se lancent dans des joutes oratoires improvisées. On cite également l'autre genre, appelé «Aâwdou ». Il se distingue de Darst seulement par l'intrusion de la flûte. Darst se tient dans l'Abaraze, place officielle aménagée dans les villages pour accueillir l'Ahwach. Notre troupe exécute par ailleurs un autre Ahwach, dit Ahwach N'Issmganes (Nègres) dont les rythmes et les sonorités s'inspirent de ceux des gnawas. Je dois ajouter une précision: Rchouk et Tamdwrt restent des variétés réservées à l'animation et au divertissement des espaces privés et familiaux des villages de Tamanart. Tandis que Darst se joue à l'honneur des invités  étrangers au cours des cérémonies de mariages et des liesses populaires.

Qu’en est-il des percussions et rythmes de chacune des variétés d'Ahwach ?

C'est pertinent que de poser cette question. En effet, chaque type d'Ahwach cités, a son propre rythme musical.  C'est le fait que les tambours soient frappés avec une baguette (en bois massif) ou deux qui crée des différences. Ainsi, pour ce qui est de Rchouk, son  rythme est soutenu par des frappes avec une seule baguette au début,  avant de s'y mettre à deux pour achever les partitions finales qui mettent les musiciens en transe. Quant à Darst, elle est exécutée en manipulant deux «matraques » pour  percussion. Tamdwrt, quant à elle, son rythme est soutenu par  l'alternance, dans une cadence rapide,  de coups,  à l'aide de deux, puis d'une seule baguette; et ce,  pour freiner et subitement, accélérer la cadence et les piétinements des danseuses, comme l'impose son exécution.

Revenons un peu en arrière dans l'histoire, quand la troupe Ahwach Tamanart a-t-elle été créée ?

Nous ne pouvons pas définir exactement une date. La création de notre  troupe du village remonte à  des générations. On doit dire que c'est un patrimoine, un legs, hérité de nos aïeuls. Et, qui est , ainsi, transmis de génération en génération. Autrement dit, c'est une école communale du village où tout un chacun peut passer pour apprendre l'art de l'Ahwach et de la poésie chantée (Tandamt). Si dans certaines régions, Ahwach est encore perçu comme un domaine exclusif des initiés, chez nous, c'est une institution ouverte à tous. Un atelier de formation continue. Où les enfants dansent, chantent, jouent de Tallount, à côté de leurs parents. Sans gêne aucune. C'est ainsi que Ahwach Tamanart a donné naissance à d'excellents Indamnes (poètes) et manipulateurs de Tallount.

L'Ahwach dans la région de Tamanart, a été, à l'époque de la  colonisation, un vecteur de messages et un moyen de mobilisation des masses pour s'engager dans le mouvement de lutte pour l'indépendance?

Exact. La région de Tamanart a été inaccessible pendant longtemps aux troupes françaises qui ont réussi à envahir les autres contrées limitrophes. En raison de la forte résistance armée des habitants organisés sous la houlette du militant feu Lcaîd Outmanart. Qui, pour ne pas se rendre, a préféré se donner la mort. Donc, ce n'est qu'après sa mort que les Français ont pu pénétrer à Tamanart. Les habitants  ont difficilement accepté la défaite. Ahwach a joué un rôle mobilisateur et de sensibilisation des habitants à la nécessité de l'action armée pour recouvrer l'indépendance et la dignité. L'Abaraze était devenu à l'époque un lieu de contestation et de désobéissance au régime des envahisseurs. Il a servi, par ailleurs, de prétexte pour rassembler les masses et faire passer des messages   codés permettant la communication d’informations secrètes entre les militants. Beaucoup des Imdiazenes se sont illustrés à l'époque dans cet art. C'est dire qu'ils ont rendu de grands services au  mouvement national. 


ENTRETIEN REALISE PAR IDRISS OUCHAGOUR
Jeudi 23 Septembre 2010

mardi 13 janvier 2015

Nane willy zrineen:
Oura bahra y ssigout yan senghassent
Hane Tirra adissl'koumen Firaaoun y tassoutine
Y gh y zoug yan y fel talatine
Adour y tkhassam ighnane lit ichane
Tagat hane our t'ttef askewn
Nikki radaoun ingh ya wawal
Oura taqlay gh' tizi ighass y haowl yan
Ighass our guine lqaddan's y chawer fllass
L'barod d'r'sass ass tyewskir t'rgazt ayanati rane
 Ghad y zrin afawa sawelkh
Imma Ghass chmaite ghar issa n'qane
Yanisskern zouda ourak isskern
Tabbanka tga tin oumzil dou fellah
mach ghassad yan can y nkern illssite
Adgh ister Rabbi li bedda n'mnad
Imma tgsart kadaounin akk anigh
Achkou z'man n'ghass our idouf chour
Idanne addif'l l'hall soudoun mnaou Issane
ygass adar walli bda issoudne
Lqndil mattak y rane gh'toufaoute ouzal
mich ya watigue our idroussen ad lan gh'tillas
Tagante atagante our iguen azal
oula died t'hacha magane lmnchar
Soul tmmagh at ghoumou tg tourine
N'willi nit guiss iran lghard.
Adagh ister Rabbi ar ighakhak y wine
Adour n;gue taddssa ghi'qouma n'wiyadd

Par AbdouR'bbih  Abdellah Ouchagour
01/14/ 2015

Azul flawn!
Un peu dure a dechiffrer, mais combien riche en images
 moralisantes


samedi 6 décembre 2014

Tafraoute, comme tout le Maroc a subit la rage et le deploiement des forces de la nature cet hiver, dont voici quelques images et videos de ces moments que mere nature a bien exprime' a sa maniere.
le lien suivant est la pour activer en un seul click ses moments vecue par les habitants Tafraoutis. Tassrirte est hors zone d'acces vue que l'eau apportee par l'oued vient d' en haut....
https://www.youtube.com/watch?v=9wOdfqTg6z0&feature=player_embedded


 

 

 

mercredi 3 décembre 2014

Voici quelques Photos de Walid Aboubaker OUCHAGOUR, l'heritier directe et fils unique de Feu  Idriss Ouchagour, que sa maman Nadia Bouhanou Ouchagour a bien voulu faire publier sur cette page pour la famille.






Litige foncier à Tassrirt

Les habitants crient à la spoliation du site d’Aït Soual


C’est l’histoire d’un différend autour d’un foncier agricole, entre les habitants, prétendants au droit de propriété, et l’administration des domaines privés de l’Etat de Tiznit. Les habitants des douars voisinants d’Aït Bensaîd, Talat N’Sma, et Taourirt Abanarn dénoncent, via une pétition d’une quarantaine de signataires propriétaires, une spoliation pure et dure, sous le régime autoritaire du protectorat de leur terrain qui appartient aujourd’hui au parc foncier du domaine privé de l’Etat. Les péripéties de cette affaire se sont déroulées en 1950. Lorsque les autorités coloniales décidèrent d’utiliser le terrain agricole dit Aït Soual, dans la commune de Tassrirt, province de Tiznit, pour y aménager en dur un site abritant bains pour cures anti-parasitaires du cheptel de la tribu. Sis à quelques encablures de ces douars, le terrain d’Ait Soual, nommé auprès de l’administration des Domaines par «Tafraout Etat 14», s’étale sur les 5400 mètres carrés au sein d’un vaste et fertile verger où les habitants s’adonnaient à la culture des céréales, l’arboriculture et y abreuvaient leur bétail. Mais qu’est-ce qui a engendré cette levée de boucliers des habitants en ce moment précis? En ces temps de rareté d’eau consécutive à une sécheresse ardue dont pâtit la région, c’est autour du puits d’eau qui s’y trouve qu’une véritable bataille est livrée par les habitants d’un autre village. Ces derniers se sont ingéniés à procéder à la location du site convoité auprès de l’administration du domaine privé de l’Etat pour la réalisation du projet d’adduction d’eau à leur village. Voilà pourquoi les habitants propriétaires s’élèvent pour dénoncer «l’appropriation illégale» par les domaines de ce terrain qu’ils considèrent toujours comme leur propriété privée. Ils dénoncent d’une exploitation sereine de cette terre héritée de leurs aïeuls, jamais mises en cause par aucun éventuel ayant droit. «Nous avons toujours exploité cette terre, avant et même sous le régime colonial; nous avons continué à le faire depuis son départ jusqu’à hier; à preuve, les centaines d’amandiers nouvellement plantés dans nos parcelles cultivées», argumente-t-on. Mieux, ces habitants récusent même la procédure d’appropriation de base de ce terrain par les autorités coloniales. Pour eux, celles-ci ont recouru aux services de feu Cheikh (agent d’autorité représentant du Makhezen à l’époque) de la tribu de Tassrirt pour «s’emparer» du terrain. En fait, selon les documents administratifs existants, il ne s’agit pas d’une expropriation réglementaire, comme c’est d’usage dans des cas similaires ; mais d’une donation par ledit agent de cette parcelle incriminée. L’acte portant n°144 du 17 mai 1950, est authentifié au tribunal coutumier de première instance de Timghlcht. Document dont la légalité est contestée par les antagonistes des domaines privés de l’Etat. «Et pour cause. D’abord le donateur en question prétendant propriétaire, forcément sous pression des colonisateurs, n’est aucunement propriétaire du moindre terrain en l’occurrence; habitant un autre village lointain du site en litige». Par ailleurs, les noms des témoins que l’autorité du protectorat a consignés dans l’acte de témoignage de propriété portant n°143 du 17 mai 1950, «sont étrangers à la région et n’ont aucune liaison de propriété avec les terrains d’Ait Soual», renchérit-on, documents à l’appui. Ils se demandent ainsi «pourquoi ces autorités n’ont pas fait appel aux riverains, censés être habilités légalement au témoignage. D’autre part, ils se réclament de l’avis de bornage et la réquisition d’immatriculation, émis par l’administration de la conservation foncière d’Agadir sur instigation de l’Etat marocain, requérant de l’immatriculation, et ce, le 15/09/1965; mais dont la démarche d’enregistrement n’a pas abouti depuis. En effet, les noms des riverains de la parcelle incriminée qui y sont cités, sont tous ceux des villageois contestataires. Ce qui constitue, selon ces derniers, une flagrante contradiction entre les noms des voisins du terrain en question cité par les témoins figurant dans l’acte de témoignage de propriété et ceux des frontaliers mentionnés dans l’avis de bornage placardé dans la commune. «C’est le tribut que nous a fait payer le colonisateur pour notre nationalisme», argument-ils. Dans la foulée, les prétendus ayants-droit en question dénoncent, en outre les vices, et non des moindres, de la démarche entreprise tout récemment par l’administration d’immatriculation foncière en faveur du terrain litigieux. Dans la mesure où celle-ci n’a pas daigné en aviser les héritiers des riverains pour leur présence le jour de l’opération de bornage, comme le stipulent les dispositions en vigueur. Dans le même registre des anomalies, les habitants mettent en cause la validé administrative du formulaire de l’avis de bornage collé dans l’enceinte de la commune de Tassrirt par les services d’immatriculation. Le document mentionne qu’il émane des services de conservation de cette ville. Alors que le terrain litigieux en question relève de la province de Tiznit et de son administration des Domaines. Celle-là même à laquelle les habitants ont adressé une pétition d’opposition, le 18/04/2006, soit un jour avant la date butoir à l’opération de bornage du terrain en question par le cadastre. Laquelle opération ne semble pas être stoppée. Mais, l’administration des domaines privés de l’Etat de Tiznit n’en a cure de tout cela. D’autant qu’elle n’a pas hésité à procéder tout dernièrement au lancement d’un avis de location par enchères de ce terrain, bien qu’il soit en litige. Et avant m


ême l’obtention du titre de propriété. Du côté de cet antagoniste, c’est justement un autre son de cloche. Le terrain d’Aït Soual est un bien domanial, nous confirme le directeur de l’administration du Domaine privé de l’Etat à Tiznit. Pour lui, c’est en vertu de l’arrêté directorial du 7 novembre autorisant l’acceptation de la donation en question que cette terre a intégré le parc foncier du Domaine privé de l’Etat. L’Etat ne fait actuellement que faire valoir son droit sur son foncier. Selon la même source, l’opération de son enregistrement à la conservation foncière suit son cours normal. Toutefois, cette affaire suscite l’indignation de tous les habitants de la région. Elle est tant suivie par l’opinion publique avec intérêt qu’elle a même mobilisé l’intervention de l’Union des associations de Tassrirt pour le Développement social qui est montée au créneau. Il faut signaler que le cas d’Aït Soual n’est pas isolé en la matière; la région regorge d’affaires similaires. Celle d’un autre terrain sis au beau milieu des vergers d’Aït Oumsnat dans la commune d’Amelnes est plus éloquente. Le responsable local de l’autorité coloniale a jeté son dévolu sur ce terrain pour l’approprier au Domaine privé de l’«Etat Chérifien». La terre en question s’était transformée en jardin potager privé dudit responsable. La méthode du transfert de ses fonciers est systématique. Optant pour une façade aux allures du respect de la légalité juridique, travestie en une donation, l’opération dissimule le plus souvent une pure confiscation à coup de pressions répressives du régime du protectorat que sous-tendent des vengeances colonialistes. Une injustice qui trouve sa cause, après l’indépendance même, dans l’analphabétisme, l’ignorance des droits et le silence des pauvres habitants, seul recours aux abus qui leur sont infligés. (id_ouchagour@hotmail. com)

IDRISS OUCHAGOUR
 
 
 
 


partn.
Site néolithique d’Amzlo: Haro sur les actes de vandalisme
Qui veut porter atteinte au site néolithique d’Amzlo? S’agit-il d’une
tentative de pillage perpétrée par des amateurs d’œuvres d’art, d’un simple
acte d’un vandale ou encore de ces chercheurs de fameux trésors?

Le Maroc foisonne en sites abritant des gravures rupestres. Le Sud du pays
s’apparente à un véritable musée à ciel ouvert. Malheureusement, les
agressions qu’ils subissent ont connu, dernièrement, une recrudescence qui
nous interpelle tous, vis-à-vis de ce patrimoine humain et met à l’ordre du
jour le devoir urgentissime de leur préservation.
La spéculation sur les auteurs et l’origine des actes répréhensibles qui ont
frappé ce site préhistorique, peu connu des gens même de la région, donnent
lieu à une multitude de conjectures. Mais, d’abord les faits. La triste
nouvelle a été propagée au plus proche village de Taourirt Ouabanarnes
(commune de Tassrirt) par des bergers qui laissent paître, de temps à autre,
leurs troupeaux aux environs du site en question.
Les habitants ont aussitôt pris soin de donner l’alerte. Après une trotte de
3 km à partir du village, on se trouve au pied des parois escarpées de
l’Adrar M’korn (point culminant de l’Anti-Atlas), plus exactement sur son
versant Sud.
A son approche, sur le flanc Ouest d’une immense table rocheuse surélevée
aux allures d’un grand autel de sacrifice (justement, appelé par les locaux
Issli N’tgzzir), l’on est «assailli» d’emblée par de superbes gravures de
bovidés et antilopes. Par terre, tout près, sur une surface triangulaire
d’une roche-support de taille moyenne s’affichent à l’œil deux bovidés et un
cervidé.
A priori, on dirait une stèle monolithique. Juste à côté s’imposent à la vue
un petit terril de déblai et une immense excavation sur le côté gauche au
niveau du sol sur lequel repose le monolithe. Lequel est visiblement
sillonné, par ailleurs, d’une longue fissure qui le scinde en deux .
En l’absence, apparemment, d’éventuels coups sur la roche, on incrimine
facilement une érosion naturelle. Le site non surveillé d’Amzlo comporte
deux fresques sur lesquelles nous avons comptabilisé, en tout, un cervidé,
un symbole solaire, deux antilopes et six bovidés.
Les outrages du temps ne semblent pas trop les entamer, malgré leur âge qui
devrait remonter à la période bovidienne qui oscille entre 4000 et 2000 ans
avant J.C. C’est dire l’importance et la valeur historique de ces œuvres
d’art. Pour les habitants du village de Taourirt Ouabanarnes, cet acte de
sape qui a visé le site d’Amzlo, ne relève pas d’une «énigme». Leur propos
est sans équivoque: «Nous sommes convaincus qu’il s’agit là de chercheurs
d’anciens trésors».
Toutes les sépultures isolées du coin sont aussi profanées. Les chercheurs
opèrent toujours de la même manière pour la fouille des tombes visitées. «Ce
sont des mains étrangères qui ont commis ce vandalisme. Cela fait des
siècles que les gens d’ici côtoient ces figurations sans jamais tenter
porter atteinte à leur intégrité». Quant à l’hypothèse incriminant les
traqueurs de serpents (ou éventuellement écureuils, aussi, abondant dans la
région), elle reste invraisemblable.
Pour les bergers qui fréquentent ces lieux, «les pourtours de la roche en
question, étaient compacts et ne présentaient aucun accès à un quelconque
abri souterrain pour animal». Mais une autre probabilité qui reste
irréfutable, semble échapper aux habitants. Ces spécialistes de pétrographie
n’ont-ils pas fait l’objet d’une tentative de vol? Les malfaiteurs, voulant
peut-être soulever la roche dont ils devraient sous Autres chroniques :
Chronique judiciaire: 3 ans de prison pour abus de confiance


s-estimer la consistance, ne se sont-ils pas désistés devant l’échec de son
extraction? ou ont-ils été dissuadés par la grande fissure qui pourrait
fragiliser la stèle après son sciage?
Il faut dire que tout demeure possible, en raison du trafic juteux que
procurent de telles œuvres eu égard à leurs valeurs commerciales
inestimables auprès des amateurs d’œuvres d’art. Les délits du genre
demeurent, pour la plupart, peu élucidés. Au moment où de telles déplorables
déprédations semblent connaître, désormais, une récurrence déconcertante. Le
cas d’Amzlo n’est pas, justement, isolé. A titre d’exemple, l’on apprend
tout récemment, que le site gardé de l’Azib N’ikkis (plateau Yagour au
Haut-Atlas), découvert en 1959, a été dégradé. Les gravures qu’il abrite,
remontent à une période comprise entre le 7ème et le 5ème siècle avant J.C.
C’est le cas également de cet autre site d’Okaimeden, datant de la période
bovidienne, nous apprend-on sans plus, au Centre national du patrimoine
rupestre de Marrakech. Dire que c’est tristement un pan des vestiges qui
constituent un patrimoine humain millénaire qui s’estompe sous nos yeux…Pour
une déperdition, très souvent irrémédiable.

Idriss Ouchagour

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  Après la fusion PSD-USFP: la recomposition politique serait-elle en
marche?

Terrorisme aux Pays-Bas: 14 islamistes devant la justice

Site néolithique d’Amzlo: Haro sur les actes de vandalisme

Le Sénégal, premier adversaire du Onze national aux Jeux de la Francophonie

Caprices du lundi: Guetteurs de bosses

Appel pour l’Union de la Gauche : Nous sommes tous des socialistes

editorial


5 décembre.2005 - 691 visiteurs

   Entretien avec le Directeur du Centre du Patrimoine
Rupestre de
Marrakech,
Monsieur Mohssine El Graoui.

Libé : Le Centre National du Patrimoine Rupestre a été
crée à Marrakech
en 1994 ; sa mission est d’inventorier , étudier et
sauvegarder les sites rupestres. Combien existent
–t-ils au Maroc ?

Notre pays est riche en sites d’art rupestre, on
dénombre plus de 350 sites répartie sur l’ensemble du
territoire avec toutefois de grandes concentrations
dans certaines régions du Royaume : sur les hauts
plateaux du Grand Atlas (Oukaïmeden, Yagour et Rat),
le long de la vallée de Draa et les contreforts du
Jbel Bani, et dans les Provinces Sahariennes le long
des rives des oueds desséchées. La liste de
l’inventaire des sites rupestres ne cesse de
s’allonger avec de nouvelles découvertes ici et là.

Libé : Ces vestiges qui constituent actuellement un
précieux legs nous renseignant sur les premières
manifestations artistiques réalisées par l’homme
avant, évidemment même l’invention de l’écriture,
ont-t-ils résistés aux outrages du temps ?

Ces sites sont principalement de plein air et il faut
dire que les gravures qu’ils renferment dont certaines
ont été réalisées il y’a quelques milliers d’années,
elles ont résisté à l’érosion naturelle et nous ont
parvenu dans un bon état de conservation. La
dégradation qui s’observe actuellement sur certains
sites et qui portent atteinte à ce patrimoine est le
plus souvent, et malheureusement, liée aux actions de
l’homme, sciemment ou inconsciemment: destruction de
certains sites par l’exploitations des blocs pour la
construction d’autres font l’objet de pillage par les
amateurs et les collectionneurs des œuvres d’art.

Libé : Sous d’autres cieux, par exemple en France,
pour la protection
de son patrimoine rupestre, le ministère compétent a
même recouru aux services des vigiles. Qu’en est –t il
céans ?

Depuis 1995, le Ministère de la Culture à mis en place
cinq gardiens dans des secteurs où se trouves un
ensembles de sites importants;il s’agit,en
l’occurrence,de ceux de l’Oukaïmeden (région de
Marrakech), Tissint(région de Tata),Ait
Ouabli(Akka),Foum Lahcen et à Tazzarine(Zagoura).
Malheureusement, nous ne pouvons pas mettre un gardien
sur chaque site. Le manque de moyens, la dispersion et
l’isolement de certains sites pose problème. L’on
imagine difficilement, par exemple, dans les régions
désertiques ,où les conditions climatiques et leur
éloignement des lieux d’approvisionnement, comment un
vigile s’acquittera parfaitement de sa mission.
D’autant plus que certains sites où les gravures sont
réparties sur des kilomètres.
Libé : Qu’elle est, donc, l’autre approche que
préconise votre
Centre pour remédier à cette problématique ?
Tout d’abord il faut sensibiliser les populations
avoisinantes à l’importance de ce patrimoine et de
l’intérêt de préserver ces vestiges, ce que nous
faisons lors de nos déplacements pour l’étude des
sites et lors des manifestations culturelles par
l’organisation d’exposition sur l’art rupestre au
Maroc.
Cependant, nous sommes convaincu que la protection des
sites passe par leur réhabilitation et leur mise en
valeur.  L’implication des populations locales dans de
tels projets est la clé de leur réussite pour une
meilleure insertion dans le tissu économique et
sociale. Aujourd’hui, nul ne peut ignorer le potentiel
touristique des ces sites qui devrait servir pour le
développement socio-économique et culturel à l’échelle
locale, régionale et nationale.
Nous espérons que ces sites recevront toute
l’attention et les égards qu’ils méritent, non
seulement de la part des institutions
gouvernementales, mais aussi des collectivités
locales. Un réel partenariat et une réelle coopération
entre les différents acteurs permettront de sauver et
de protéger ce patrimoine

Propos recueillis par Idriss Ouchagour.

vendredi 14 novembre 2014

Opportunisme politique ou tactique judicieuse ? Les électeurs de Tiznit ont du mal à digérer l'entourloupette d'Akhannouch

Publié dans Libération le 11 - 01 - 2012


 

La démission d'Aziz Akhannouch de la Chambre des représentants en tant qu'élu de la circonscription de Tiznit n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Depuis son annonce, elle ne cesse de faire des vagues parmi les habitants !
Dans les salons cossus des hommes d'affaires tiznitis, au sein des associations locales, dans les forums de la diaspora tafraoutie à l'étranger et sur les murs des réseaux sociaux, la désapprobation est à son comble ! Tous se disent estomaqués, voire indignés ! « On ne pouvait pas imaginer un instant que notre député nous fausse compagnie ainsi sans crier gare ! », martèle-t-on. Pour nos interlocuteurs, c'est un «lâchage politique !» ; «un coup de Jarnac contre la bienséance politique». «Akhannouch aurait dû se plier avec fair-play aux résultats des élections et se contenter d'assumer ses responsabilités sur les bancs de l'opposition ». Il a ainsi violé le contrat moral qui nous lie à lui depuis son élection en tant que représentant de la région sous la Coupole.
Que deviennent les promesses électorales faites aux habitants ? Tous ceux qui ont voté pour lui ont espéré qu'il défendait les intérêts de la région. Voilà aujourd'hui, pourquoi ils se sentent trahis, déclarent-ils. Pour eux, cette défection ne peut s'expliquer autrement que par une course à la ministrabilité ! « Akhannouch n'a jamais hésité à faire feu de tout bois pour y arriver », clament-ils haut et fort.
Il s'est déjà prêté au jeu de la coloration partisane à la va-vite afin d'être catapulté ministre et le voilà qui se débarrasse de son « froc » partisan pour se mettre dans la peau du technocrate et rempiler, en reniant ses engagements de député de Tiznit. « C'est de la transhumance déguisée ! ». Du coup, enchaîne un groupe de facebookers, ceux qui croient que les anciennes pratiques qui font tort à l'exerce sain et correct de l'action politique sont bannies et a fortiori dans l'actuel contexte de la nouvelle Constitution, en sont pour leurs frais. Le tout-permis et le sans-gêne ont encore la peau dure chez nos politiques, concluent, non sans dépit des observateurs d'un réseau associatif local.
Toutefois pour certains autres, la défection d'Akhennouch dénote une stratégie mûrement réfléchie. Homme de pouvoir qui croit ne pouvoir donner la mesure de son talent que sur le terrain, il a, de tout temps, abhorré de rester dans l'ombre ou hors des lambris dorés des bureaux ministériels, explique un acteur associatif de Tiznit. Avant d'ajouter que sa place ne peut donc être qu'au sein du gouvernement. Surtout si ce dernier ferme les yeux sur certains principes. Et puis, ajoute-t-on, sa démission du RNI est un choix qui procède de ses convictions personnelles.
Ceci d'autant que la loi est on ne peut plus claire à ce propos. Lorsqu'un parlementaire devient ministre, il est déchu de son titre de député, son second sur la liste électorale est ainsi automatiquement élu à sa place. Il n'en demeure pas moins vrai que le départ d'Aziz Akhennouch du RNI est un coup dur pour ce dernier. Surtout lorsqu'on sait qu'il a pu assurer à son ancien parti la présidence de plusieurs institutions électives, comme la municipalité de Tafraout, le Conseil provincial de Tiznit et le Conseil de la région de Souss-Massa. Aujourd'hui, de l'aveu de tous, sans lui, le pari de reprendre la tête de ces instances ne sera pas chose aisée pour le RNI.
Interview avec Chantal Guyot, consultante au cabinet de conseil en tourisme rural Ter' Avenir d'Isère
“Le développement du tourisme à Tafraout est l'affaire de tous”
Publié dans Libération le 16 - 11 - 2009

Le Conseil régional de Souss-Massa-Drâa et le Conseil général de l'Isère en France ont conclu, en juin 2008, un accord de coopération décentralisée dans le domaine du tourisme. Lequel accord porte sur un accompagnement en matière de conseil et d'études pour établir des diagnostics et recommandations en vue de la mise en place d'un plan d'action visant la création d'un Pays d'accueil
touristique (PAT) dans la région de Tafraout.
Chantal Guyot, responsable du cabinet de Conseil Ter' Avenir, missionné par le Conseil général de la région d'Isère dans le but de l'élaboration d'un plan d'action pour la mise en place dudit PAT nous présente une radioscopie de la situation.
Libé: Quelles sont les potentialités que vous avez recensées dans la région pour établir votre diagnostic de la situation du secteur touristique à Tafraout ?
Chantal Guyot : D'abord, le patrimoine naturel diversifié dont peut se targuer la région. Nous avons réalisé une petite enquête, en janvier et février, auprès d'un échantillon de deux cents touristes. Ceux-ci trouvent sans conteste que les paysages de Tafraout sont particulièrement grandioses et surprenants. Les montagnes du granit rose qui ceinturent la ville lui confèrent un paysage époustouflant, presque unique au monde. Pas très loin, la nature nous offre l'une des plus belles vallées de l'Anti-Atlas : la vallée des Amelnes, au pied du Djebel Elkest. Cette dernière, d'ailleurs, présente un lieu idéal pour les activités de la randonnée, de l'escalade et de vol en parapente. A Aït Mansour, vous avez une admirable oasis qui longe les gorges forgées par les crues de l'oued dont le lit est encaissé entre ses excentriques montagnes, jusqu'à Aflla Ighir, pour offrir une merveilleuse boucle de balade. La région peut se vanter aussi de son patrimoine architectural; une curiosité qui suscite l'attention des admirateurs du bâti traditionnel. Les villages foisonnent encore de vieilles maisons montrant des aspects de constructions impressionnants mettant en exergue le savoir-faire des aïeux. D'autres gardent toujours leurs forteresses (Iguidars), témoignant d'un mode d'organisation tribal d'antan, ainsi que des anciennes medersa (écoles religieuses). Vous avez aussi ces réseaux séculiers d'irrigation encore jalousement préservés dans la vallée des Amelnes et Aït Mansour. Ils renseignent sur les pratiques ingénieuses de gestion des réserves d'eau et leur exploitation en tant que richesse collective rare. Tout cela peut se substituer en lieux d'intérêts touristiques. Sans oublier aussi ces sites préhistoriques qui abritent des centaines de gravures rupestres à travers Oukkas, Tazkka, Timertmat… Vous avez d'autre part un artisanat riche et des produits du terroir en abondance traités par des coopératives locales: babouches locales (Tamnayt), vannerie, huile d'argan, amandes… en l'occurrence. Un atout qu'on doit au patrimoine humain existant qui a su générer et gérer un savoir-faire séculaire. Bref, de quoi élaborer un produit touristique capable d'attirer une clientèle aussi bien nationale qu'étrangère et s'imposer comme destination incontournable dans l'arrière-pays d'Agadir.
Tafraout attire certes les touristes, sauf qu'on constate que le secteur tarde à décoller vraiment !
Là vous touchez les difficultés qui empêchent le développement réel de la destination. C'est vrai que même avec tous ces atouts précités, cela ne suffit pas pour avoir des touristes. Encore faut-il promouvoir ces atouts. En effet, le premier constat négatif que relève notre investigation, l'absence d'information touristique. Tafraout fonctionne jusque-là comme une simple zone de transit, de passage touristique. Les touristes y viennent en excursion, pour passer au mieux une nuit. Alors que la région, grâce à ses richesses touristiques, peut retenir ses visiteurs plusieurs jours. Donc on ressent un manque flagrant d'information à même de convaincre les touristes à l'idée de prolonger leur séjour, puisqu'ils ne savent pas trop quoi faire à Tafraout. L'autre grand problème qui interfère, est celui de l'infrastructure routière. Je parle des routes entre Tiznit-Tafraout-Agadir (via Aït Baha). L'état de ce trajet ne milite pas sincèrement en faveur de la promotion touristique de la région. Au niveau de l'offre locale, on a remarqué un manque manifeste de la mise en valeur des produits : Les accès à certains sites restent encore à aménager. Les gravures rupestres, par exemple, ne sont pas facilement accessibles par routes carrossables. Pis, elles ne sont pas protégées. Elles subissent au quotidien les conséquences d'actes de vandalisme infligés par les populations locales et de passage, qui ne sont pas du tout sensibilisées à leur valeur touristique historique. Dans les montagnes, les sentiers pratiqués pour le trekking, l'escalade, le parapente… ne sont pas, ou sont mal, balisés. Du côté du patrimoine architectural, on déplore que ce dernier s'éclipse doucement; ce pan-vestige fait d'anciennes constructions qui resiste encore aux outrages du temps, périclite peu à peu dans l'indifférence. Dans la ville, pour ce qui est des panneaux d'information, on enregistre une absence totale d'indications touristiques. Les touristes, pour trouver certains sites, doivent se débrouiller comme ils peuvent. Un autre handicap, et non des moindres, le harcèlement des touristes par des rabatteurs et faux guides. C'est une nuisance qui fait fuir les touristes en leur gâchant leur séjour dans la ville. Ce fléau sape irrémédiablement le secteur. Les opérateurs nous ont beaucoup parlé de cela et de leurs plaintes qui sont restées sans suite auprès des autorités locales. On peut citer aussi l'impact négatif de l'émigration. Ces flux de partants ont vidé la région de ses forces juvéniles actives. Les habitants qui y restent, sont pécuniairement sous perfusion de ce phénomène qui rapporte gros certes à la région. C'est pourquoi alors on assiste à une faiblesse d'initiative, de motivation pour travailler le tourisme. A cela s'ajoute aussi le manque patent de formation professionnelle chez les gens qui opèrent dans le domaine. On peut évoquer à titre indicatif, le secteur hôtelier qui en pâtit en premier lieu. Ce qui ne suit pas, il faut le souligner, sa forte offre diversifiée (hôtels classés, auberges, maisons d'hôtes…) qui aurait pu faire appel à des ressources humaines aux compétences requises. Il faut signaler aussi ce problème de pollution de l'environnement, fort compromettant pour l'esthétique des paysages. Donc c'est un grand défi, un énorme chantier, qui interpelle les opérateurs et les acteurs du secteur.
Concernant votre étude, où en est-on maintenant ?
Je peux vous dire que la grande étape est désormais réalisée. Le travail de diagnostic est d'une importance cruciale. Il permet d'avoir une grande visibilité sur le champ du travail. On sait maintenant ce que Tafraout possède comme produit et ce qui retient le démarrage du tourisme dans cette contrée. Un plan d'action nous attend donc; il sera bientôt disponible. Une sorte de feuille de route qui permettra d'aller plus loin… Une fois prêt, nous le soumettrons aux acteurs locaux concernés. Là, je suis persuadée que la situation actuelle du tourisme dans la région a besoin d'un travail de fond pour l'améliorer. Et cela ne peut être atteint si les acteurs locaux n'adhèrent pas tous à ce projet. C'est vrai toutefois que c'est difficile de convaincre tout le monde quant à sa pertinence, tant que chacun tire la couverture à soi. Mais ces opérateurs bénéficiaires du projet doivent savoir qu'ils ont intérêt à s'organiser dans des structures associatives capables de fédérer leurs efforts et donner lieu à des synergies. Une fois ce stade franchi, on doit s'attaquer au reste. Il faut mieux peaufiner le produit et formaliser une bonne offre, le rendre accessible, savoir bien communiquer sur ce produit pour le vendre, améliorer l'accueil en éradiquant cette gangrène des faux guides et rabatteurs qui est en train de miner les efforts déjà consentis dans le domaine, préserver l'environnement, parier sur la clientèle individuelle qui s'avère être très prometteuse pour la région, tant les voyages organisés classiques ne profitent pas à tous … Ce sont là, grosso modo, les grandes lignes de ce projet. Sans oublier qu'il faut trouver aussi, les financements nécessaires pour concrétiser ce plan, car cela ne sert à rien de faire des études et les ranger dans les tiroirs de l'oubli.
A lire les guides du Routard, Le Michelin, le Futé etc., ainsi que cette étude même menée par vous, on a un peu l'impression que ce sont les autres qui viennent faire un travail qui incombe au ministère, à la Fédération du tourisme, aux acteurs et opérateurs du secteur.
C'est vrai, c'est un peu cela !. Mais je peux vous dire comment ça s'est construit à la base en France. C'est un peu la même chose. Ce sont les gens du coin qui ont travaillé leurs régions. Cependant, que des étrangers viennent découvrir et fassent découvrir votre région, c'est une chance qu'il faut saisir. C'est vrai qu'ils ont leurs clientèles, leurs visions…. Toutefois, les expériences en la matière en France ont montré que si l'initiative vient d'en bas, elle réussit. Contrairement, si un tel travail est catapulté d'en haut, ce n'est pas évident que ça prenne. Vous avez un exemple édifiant pas très loin de Tafraout, celui d'Imouzzar Idaoutanane. Le projet du PAT le concernant fignolé par le ministère, trouve du mal à se concrétiser. Et pour cause !. Les opérateurs et les acteurs locaux n'y sont pas tout simplement associés. Donc, c'est aux acteurs tafraoutis de s'organiser, de montrer ce qu'ils ont et ce qu'ils peuvent faire pour développer le tourisme dans leur région. C'est ainsi qu'ils parviendront à imposer leur destination dans les brochures et sites du ministère et autres organismes de promotion touristique.
On constate une montée en flèche des investissements dans le domaine de l'hôtellerie dans la région (hôtels, auberges, maisons d'hôtes, camping…), des structures d'accueil fortement consommatrices d'eau (douches, piscines, jardins…), alors que la région est connue pour ses déficits structurels en ressources hydriques. Qu'en pensez-vous?
C'est vrai. C'est une problématique que nous n'avons pas trop appréhendée. Cela nous renvoie à penser aux soucis du tourisme durable qui cherche à concilier les « tyranniques » exigences des objectifs économiques du développement touristique, et ce, sans compromettre les ressources indispensables à son existence. Le concept des PAT insiste aussi sur la préservation des ressources naturelles des populations locales. Et cela, à mon avis, doit commencer par la sensibilisation des voyageurs à cette question cruciale. Je pense que les touristes qui choisissent, pour voyager, de le faire dans le cadre d'un tourisme solidaire et rural, sont acquis à cette idée. Et tant qu'on y est, je veux évoquer un autre aspect cette fois-ci d'atteinte à l'environnement. Ce n'est autre que la pollution de la nature; laquelle s'avère être doublement, une pollution visuelle. C'est désolant, on ne se gêne pas à s'improviser des décharges d'ordures un peu partout dans la nature. Et la décharge de la ville de Tafraout, située à son entrée, c'est le comble. On regrette en plus qu'un si joli paysage touristique soit voué ainsi aux gémonies des écœurantes émanations, des sacs en plastique enlaidissant les champs attenants, des fumées irrespirables …. Les collectivités locales, qui sont des acteurs touristiques primordiaux, sont interpellées par cet état de fait. On ne peut pas concevoir un développement touristique sans l'implication de l'action de ces entités institutionnelles. En France, elles sont très engagées dans ce sens et le résultat ne s'est pas fait attendre.